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« Je ne pense pas qu’Internet éteigne la curiosité »
Rédactrice en chef de Flashebdo depuis de nombreuses années, Françoise Bouyer raconte le parcours de son média, d’une situation de monopole en 1978 à la suprématie d’Internet et des gratuits, trente ans plus tard.
Quel regard portez-vous sur l’évolution de la critique culturelle sur Toulouse, sachant que Flashebdo existe depuis 1978?
Quand Flash (hebdo s'est rajouté après) a vu le jour, c'était le seul guide des spectacles sur la ville de Toulouse. A l'image de la vie culturelle car il n'y avait pas non plus tous les théâtres et salles de concerts d'aujourd'hui, ni toutes les compagnies et artistes qui tentent actuellement de vivre de leur art. Proportionnellement, on peut donc dire que la critique est moins importante aujourd'hui, même si le nombre de revues et sites internet démultiplient les informations. C'est aussi la tendance générale de la société : rester en surface, ne pas approfondir, ce qui mène à l'insignifiance ou/et au clientélisme... Et puis les artistes sont des gens très susceptibles !
Quelle était le credo, en ces années 80 où tout semblait encore à faire, où chacun paraissait avoir sa place ?
Le seul concurrent était La Dépêche du Midi. Et il a été coriace. Sa direction voyait d'un mauvais oeil s'installer un media qu'elle ne contrôlait pas et qui empiétait sur son monopole. A part ça, le champ était libre, les directeurs des structures culturelles existantes (cinéma, théâtres, centres culturels) et une partie des institutionnels encourageaient l'initiative. De nombreux lecteurs appréciaient d'avoir à disposition un guide spécialisé sur les sorties culturelles.
Sur quelle force, Flashebdo s’est-il appuyé pour se pérenniser?
Sur le partenariat très fort de l'imprimerie 34, sur le soutien des dépositaires de presse et des annonceurs publicitaires, enfin sur l'opiniâtreté de son équipe. Et comme dit précédemment l'attrait de la nouveauté.
Aujourd’hui les médias se font voler la vedette par les gratuits et Internet, qui compilent en matière de culture les évènements à venir sans délivrer la moindre analyse. Le lectorat aurait-il changé, serait-il moins friand de critique culturelle?
Il est vraiment difficile d'échapper aux gratuits, en centre ville, du moins. La diffusion est quasi-militante à la sortie du métro... On nous le met presque dans les mains. C'est risible au vu du contenu : des brèves sur ce qu'il faut savoir sans aucune incitation à la réflexion personnelle, au sens critique. Certains disent que c'est mieux que de ne rien lire du tout. Je n'en suis pas sûre car ça ressemble vraiment à de la normalisation. Le pire, c'est que la rédaction est souvent assurée par celle des quotidiens nationaux ou régionaux. Avec le développement du numérique, le lectorat a forcément évolué mais je ne pense pas qu'Internet éteigne la curiosité, au contraire. Et je ne crois pas que c'est contradictoire avec l'écrit traditionnel (journaux, livres), mais plutôt complémentaire.
Pour palier à ces changements propre à l’ère moderne, vous conceptualisez un site. Sur quoi misez-vous pour inciter le lecteur à venir consulter vos pages plutôt que d autres?
Nous misons sur ce qui fait la notoriété de Flashebdo : la fiabilité des informations, la rigueur du classement, la facilité de consultation. Nous espérons que cela fera connaître le support papier où seront publiés les chroniques en entier. C'est dur à penser et à mettre en oeuvre, c'est pourquoi nous prenons le temps. Toutefois je pense qu'il sera en ligne d'ici la fin 2009.
Quel regard portez-vous sur l’évolution de la critique culturelle sur Toulouse, sachant que Flashebdo existe depuis 1978?
Quand Flash (hebdo s'est rajouté après) a vu le jour, c'était le seul guide des spectacles sur la ville de Toulouse. A l'image de la vie culturelle car il n'y avait pas non plus tous les théâtres et salles de concerts d'aujourd'hui, ni toutes les compagnies et artistes qui tentent actuellement de vivre de leur art. Proportionnellement, on peut donc dire que la critique est moins importante aujourd'hui, même si le nombre de revues et sites internet démultiplient les informations. C'est aussi la tendance générale de la société : rester en surface, ne pas approfondir, ce qui mène à l'insignifiance ou/et au clientélisme... Et puis les artistes sont des gens très susceptibles !
Quelle était le credo, en ces années 80 où tout semblait encore à faire, où chacun paraissait avoir sa place ?
Le seul concurrent était La Dépêche du Midi. Et il a été coriace. Sa direction voyait d'un mauvais oeil s'installer un media qu'elle ne contrôlait pas et qui empiétait sur son monopole. A part ça, le champ était libre, les directeurs des structures culturelles existantes (cinéma, théâtres, centres culturels) et une partie des institutionnels encourageaient l'initiative. De nombreux lecteurs appréciaient d'avoir à disposition un guide spécialisé sur les sorties culturelles.
Sur quelle force, Flashebdo s’est-il appuyé pour se pérenniser?
Sur le partenariat très fort de l'imprimerie 34, sur le soutien des dépositaires de presse et des annonceurs publicitaires, enfin sur l'opiniâtreté de son équipe. Et comme dit précédemment l'attrait de la nouveauté.
Aujourd’hui les médias se font voler la vedette par les gratuits et Internet, qui compilent en matière de culture les évènements à venir sans délivrer la moindre analyse. Le lectorat aurait-il changé, serait-il moins friand de critique culturelle?
Il est vraiment difficile d'échapper aux gratuits, en centre ville, du moins. La diffusion est quasi-militante à la sortie du métro... On nous le met presque dans les mains. C'est risible au vu du contenu : des brèves sur ce qu'il faut savoir sans aucune incitation à la réflexion personnelle, au sens critique. Certains disent que c'est mieux que de ne rien lire du tout. Je n'en suis pas sûre car ça ressemble vraiment à de la normalisation. Le pire, c'est que la rédaction est souvent assurée par celle des quotidiens nationaux ou régionaux. Avec le développement du numérique, le lectorat a forcément évolué mais je ne pense pas qu'Internet éteigne la curiosité, au contraire. Et je ne crois pas que c'est contradictoire avec l'écrit traditionnel (journaux, livres), mais plutôt complémentaire.
Pour palier à ces changements propre à l’ère moderne, vous conceptualisez un site. Sur quoi misez-vous pour inciter le lecteur à venir consulter vos pages plutôt que d autres?
Nous misons sur ce qui fait la notoriété de Flashebdo : la fiabilité des informations, la rigueur du classement, la facilité de consultation. Nous espérons que cela fera connaître le support papier où seront publiés les chroniques en entier. C'est dur à penser et à mettre en oeuvre, c'est pourquoi nous prenons le temps. Toutefois je pense qu'il sera en ligne d'ici la fin 2009.
Propos recueillis par Emilie Gardes
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