» economie - retour à la liste des articles
Le monde impitoyable des médias associatifs
Des radios et une poignée de télévisions, voilà à quoi se résume le paysage médiatique associatif sur Toulouse. Pour la presse écrite, le Satiricon, 13 ans après sa création, a décidé de faire une pause.
C'est donc le monde audiovisuel qui domine et tente d’exister tant bien que mal face aux grosses écuries. A défaut de possèder un porte-monnaie garni, comment fait un média pour survivre ?
« Un combat journalier »
A FMR, créé il y a 25 ans, « tenir si longtemps, c'est un combat journalier » explique Philippe Pitet, chargé des relations extérieures. Même son de cloche à Canal Sud, lancé comme radio pirate dans les années 80, et qui survit grâce au FSER (Fond de Soutien à l'Expression Radiophonique) alimenté par la publicité de France Télévisions. Avec la réduction et, à terme, la suppression totale des réclames sur la chaîne publique, se pose donc la question du financement. Reste alors les adhésions des auditeurs ou l'organisation d'activités « extra-radiophoniques » comme la location des locaux de Canal Sud, pour notamment l’organisation d’expositions.
Idem sur le petit écran
Pour les télévisions locales comme TV Sol, la TNT représentait un grand espoir. C’était surtout l’occasion de toucher plus de téléspectateurs et d’être présent auprès des grandes chaînes nationales. Aujourd'hui, avec seulement 10 000 euros de budget, la télévision solidaire, qui se veut être un outil de socialisation et d'insertion, a revu ses ambitions à la baisse. Elle entame sa reconversion en Web TV avec pour objectif de devenir, d'ici 3 ans, une société coopérative d'intérêt collectif (SCIC). Autre alternative : une multitude de bénévoles qui, faute de salariés, font marcher la machine. 152 à FMR, une dizaine à Canal Sud, ils réalisent ou produisent des émissions.
Et la publicité ? La plupart de ces médias associatifs n'ont pas encore succombé à ses appels. Avec la peur de perdre leur liberté de ton face à des investisseurs peu scrupuleux.
La radio numérique terrestre : l'avenir ou la fin ?
Aujourd'hui, un nouvel obstacle vient freiner leur ascension : l'arrivée de la radio numérique terrestre. Une révolution qui devrait permettre d'ici 2 ans de laisser de côté notre vieux transistor FM. Et d'opter pour un nouveau poste avec écran LCD. Une possibilité qui n'est pas envisageable pour la plupart des radios associatives. Car qui dit passage au numérique, dit investissements dans du nouveau matériel.
Pour les radios associatives, cette nouveauté est surtout l’occasion de reléguer ces médias de proximité au second plan. Laissant ainsi les ondes libres pour les radios régionales et nationales. Comme Toulouse FM qui a débarqué en septembre dernier, au détriment de Fréquence Soleil... une radio associative dont elle a repris la place sur la bande FM.
| La radio numérique terrestre, késako ? L’idée d’une radio numérique ou DAB (Digital Audio Broadcasting) est née en 1986. C’est un procédé basé sur deux techniques : celle de la compression audio et du Digicast. |
| Pas de votes pour l'instant |
Vos Réactions :
Votre commentaire :
* Champ obligatoire